Le lieutenant Mario Conde lève le voile sur Cuba Yo soy Cuba

Je ne sais pas vous mais moi quand je voyage dans un pays je glisse toujours dans ma valise un ou deux livres d’un écrivain local. C’est une manière différente de découvrir la destination.

Le premier auteur cubain que j’ai découvert, c’est Leonardo Padura. J’avais demandé à un ami cubain, Yaser, passionné de littérature, de me conseiller un titre. Il m’ a tout de suite cité Padura, et m’a proposé de lire « l’homme qui aimait les chiens », qui, pour résumer, parle de la persécution de Trotsky par Staline et de son assasinat. Le côté fresque historique ne me motivait pas trop (grosse erreur, j’ai lu ce roman par la suite et il est génial et vraiment prenant), le livre était un pavé de 500 pages et j’avais plutôt envie de lire une histoire qui se déroule sur le sol cubain.

leonardo padura

Leonardo Padura

J’ai donc suivi son conseil à moitié, et j’ai opté pour un policier (ou plutôt un roman noir, pour être exacte) du même auteur : un automne à Cuba. Résultat : je n’ai pas lâché le livre avant d’être arrivée à la dernière page. Impossible de me faire décoller ! D’abord parce que l’intrigue est prenante, on a envie d’avancer et de résoudre l’enquête en même temps que le héros du roman, le lieutenant Mario Condé. Mais aussi et surtout parce que lire ce livre, c’est faire le grand saut dans la réalité de Cuba, celle d’une génération confrontée aux désillusions de la Révolution et aux difficultés de la vie quotidienne. Mais c’est aussi un hymne aux valeurs partagées par les cubains, à l’amitié, à l’amour et au sexe, à leur sens de la débrouille et à leur goût pour l’alcool !

Dans un automne à Cuba, Mario Condé enquête sur la mort d’un ancien haut fonctionnaire de l’économie cubaine et lève le voile sur les magouilles commises durant la période de confiscation et de nationalisation qui a suivi la victoire de la Révolution. J’ai d’ailleurs été surprise que Leonardo Padura ne soit pas censuré à Cuba, il l’aurait été il y a quelques années encore. Mais l’étau s’est desséré et les critiques semblent désormais être davantage tolérées. Non pas que l’auteur soit un anti-castriste primaire, ce n’est absolument pas le cas. Bref, un livre génial !

automne à cuba

Du coup, j’ai enchainé avec les trois autres romans noirs qui composent, avec L’automne à Cuba, la tétralogie intitulée les quatre saisons, chaque livre se déroulant sur l’une de ces périodes : Passé parfait (l’hiver), Vents de Carême (le printemps) et Electre à la Havane (l’été). Le personnage central est toujours le lieutenant Condé, homme torturé et dévoré par la nostalgie du passé, qui révèle à travers la résolution des énigmes auxquelles il est confronté des dimensions de Cuba qu’on méconnait, comme par exemple celle de la répression qu’ont subi les homosexuels dans Electre à la Havane.

Perso, j’ai trouvé Vents de Carême un peu moins bon que les autres, que je ne saurais pas départager tant ils m’ont accroché. J’ai aussi vraiment aimé d’autres livres de Padura que j’ai lu par la suite, comme Adios Hemingway, ou encore plus le génialissime l’homme qui aimait les chiens, qui me rebutait pourtant initialement. Je suis moins fan de Mort d’un chinois à la Havane et des Brumes du passé : je les trouve un peu moins denses et forts que les autres titres. Maintenant, il me reste à découvrir Hérétiques, et… à attendre qu’il publie un autre livre !

Une chose est sûre, lire Padura c’est découvrir un instantané de Cuba, entre lucidité, humour, et douleur. C’est vivre le quotidien des cubains, dans leurs difficultés morales et matérielles. Et partager les réflexions de l’auteur et de son héros, Mario Condé, sur l’échec des utopies.

Et vous, avez-vous des auteurs cubains à recommander ?


Comments

  1. Marichou Says: août 30, 2015 at 10:03

    Cette page consacrée à la lecture est intéressante parce qu’elle permet de découvrir ou de redécouvrir des auteurs cubains et surtout leurs livres. Les résumés trouvent tout leur intérêt pour titiller la curiosité de tourner une page, puis une autre, ça donne envie de lire. Pour ma part, je choisirais  » Un automne à Cuba ». Marie

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